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L’avenir du christianisme en Europe – Zoran KRSTIC

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L’avenir du christianisme en Europe : le point de vue d’un théologien orthodoxe de Serbie, pays candidat à l’Union européenne.

Texte d’une conférence tenue le 21 novembre 2007 à l’université populaire Kolarac de Belgrade, dans le cadre d’un cycle consacré au « rôle de l’Église dans le processus de l’intégration européenne ».

L’archiprêtre Zoran Krstic est professeur à la faculté de théologie de l’Église orthodoxe serbe à Belgrade et recteur du séminaire Saint-Jean Chrysostome à Kragujevac (Serbie) ; directeur de recherche, Institut des Études balkaniques, Académie serbe des Sciences et des Arts.

Publié dans la revue Istina, 2011/1. Pour acquérir ce fascicule, cliquer ici.

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Extraits de l’article :

Je souhaiterais tout d’abord souligner à nouveau quelques caractéristiques fondamentales des sociétés européennes, car notre société intègre de plus en plus de telles caractéristiques. Les processus survenus au cours des siècles écoulés dans les sociétés européennes ont été marqués par la notion de sécularisation. En d’autres termes, l’Église et le christianisme se sont trouvés de plus en plus déportés, principalement à leur corps défendant, du centre à la marge, à la périphérie de la vie sociale. Il s’agit d’un processus s’échelonnant sur plusieurs siècles, au cours duquel la société elle-même s’est émancipée de l’Église. Le christianisme est devenu une affaire de plus en plus privée et de moins en moins sociale. Cependant, au cours des dernières décennies, est apparue la question de savoir si tous les processus sociaux peuvent être abordés sous le couvert de la sécularisation. Nous sommes témoins qu’à la fin du xxe siècle, nous assistons à des processus inverses, c’est-à-dire des processus de dé-sécularisation. Certaines zones de la société qui étaient auparavant essentiellement à caractère séculier commencent à revêtir des caractéristiques religieuses, car des éléments de nature religieuse y font leur apparition.

[…]

Pour l’Europe démocratique et le monde en général, le fidèle traditionnel correspond au type de fidèle souhaitable et l’Europe fera tout pour protéger un tel type de fidèles. Mais du point de vue de l’Église, le fidèle traditionnel n’a pas d’avenir, comme le montre précisément tout le xxe siècle. Une telle perspective n’a pas d’avenir, il faut que cela soit clair pour nous. Pourquoi ? Parce que le fidèle traditionnel ne produit pas, ne crée pas : il se contente de respecter ce qui a été créé jadis, comme dans un musée. Les musées sont de belles et bonnes choses, cela n’est pas discutable : nous nous y rendons pour observer ce que les hommes ont créé ; mais ce qui nous maintient en vie, c’est ce que nous créons nous-mêmes. Or le fidèle traditionnel, malheureusement, ne crée rien. Si le christianisme repose sur des fidèles traditionnels, cela ne sera pas une bonne chose, car c’est précisément le processus observé au cours des cent ou deux-cents dernières années.

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