Le Saint Siège et le génocide arménien – Georges RUYSSEN

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Le Saint Siège et le génocide arménien

Après avoir rappelé brièvement le cadre de l’Empire ottoman à la veille de la Première Guerre mondiale, l’auteur présente l’action diplomatique du Saint Siège, en exposant notamment les circonstances et l’effet des lettres envoyées par le pape Benoît XV au Sultan Mahomet V Reshad en 1915 et 1918, puis son action pour obtenir des garanties et des droits en faveur des minorités chrétiennes de la Turquie kémaliste après le retrait français de la Cilicie, ainsi que ses efforts pour soutenir la création d’un État arménien indépendant et l’envoi d’aides humanitaires aux victimes arméniennes.

After briefly evoking the Ottoman Empire’s context at the dawn of the First World War, the author demonstrates the Holy See’s diplomatical action by highlighting the circumstances and the impact of the letters sent by Pope Benedict XV to Sultan Mahomet V Reshad in 1915 and in 1918, as well as his actions to obtain guarantees and rights in favour of Kemalist Turkey’s Christian minorities once France had withdrawn from Silicia, and his efforts toward supporting the creation of an independent Armenian State and sending humanitarian aid to Armenian victims.

Article de Georges Ruyssen, publié dans la revue Istina, 2016/2. Pour acquérir ce fascicule, cliquer ici.

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Description

Extraits de l’article :

Quel fut l’effet de la lettre pontificale et des interventions diplomatiques du Saint Siège sur le cours des événements ? Il faut souligner que Benoît XV fut l’unique souverain ou chef religieux à élever officiellement sa voix contre les massacres et, ce faisant, leur donnait une note de publicité, recueillant l’appréciation générale de la part des puissances. Ainsi le laissait entendre Mgr Dolci au Cardinal Gasparri :

« C’est pour moi, Éminentissime Prince, d’un réconfort inexprimable, de constater au milieu de ces événements douloureux de massacre de la pauvre nation arménienne, comment dans ces régions schismatiques s’élève majestueusement la figure de notre très aimé Saint Père. “Son geste est un geste des grands” me disait l’ambassadeur des États Unis en lisant l’autographe qu’il trouva énergique. Le ministre des Pays-Bas : “C’est le pape choisi par la Providence dans cette heure tragique de la crise européenne”. Le défunt ambassadeur d’Allemagne et aussi le ministre danois, avec une profonde admiration, relevèrent la valeur diplomatique du document pontifical et ajoutèrent : “Sa Sainteté est très diplomatique. Il joue un grand rôle dans cette guerre”. L’ambassadeur des États-Unis (juif et ex-rabbin), ainsi que son premier drogman arménien protestant, étaient enthousiastes de joie à la lecture de l’autographe notant que le pape ne faisait aucune distinction de religion, puisque son intervention était au profit de toute la nation arménienne. »

[…]

L’action inlassable du Saint Siège accompagnant de très près le sort tragique de la nation arménienne, ne se limita pas à l’intervention diplomatique visant l’arrêt des massacres et des atrocités, mais comprenait aussi l’envoi d’aide humanitaire aux victimes, aux réfugiés et surtout aux orphelins arméniens. Ceci sera d’autant plus remarquable qu’à l’époque les organisations internationales humanitaires d’aujourd’hui n’existaient pas, hormis la Croix Rouge et le Near East Relief qui fut fondé en ces années-là pour secourir les chrétiens d’Orient. L’intervention humanitaire du Saint Siège se réalisa, sans distinction d’appartenance confessionnelle, par l’envoi de secours aux populations chrétiennes menacées ainsi que par l’établissement de listes de survivants. La charité pontificale en faveur des arméniens fut très active grâce aux efforts du Délégué apostolique à Constantinople, Mgr Ange Marie Dolci, bien vite fut surnommé « l’Ange des Arméniens », mettant sur pied des œuvres de bienfaisance comme Les larmes cachées, Œuvre de bienfaisance de Benoît XV et surtout l’orphelinat Benoît XV à Constantinople (5 novembre 1918) mais également dans d’autres localités, telle qu’Ankara, recueillant les orphelins arméniens sans distinction de confession. Un certain nombre d’orphelines sera même hébergé plus tard au palais pontifical de Castel Gandolfo, hôtes des Papes Benoît XV et Pie XI.

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