Istina : une résidence pour jeunes chrétiens

Jalons historiques : d’un séminaire russe à une résidence œcuménique

En 1923 est créé à Lille un lieu de formation pour des séminaristes catholiques russes – le séminaire Saint-Basile (1923-1933). C’est à ses côtés que naît le centre théologique Istina en 1927.

En 2005, dans le bâtiment d’Istina à Paris est créé le « collège Saint-Basile », un lieu de vie qui accueille de jeunes orthodoxes russes et slaves jusqu’à l’ouverture du séminaire du Patriarcat de Moscou à Épinay-sous-Sénart en 2010.

En 2010, la résidence Istina succède au collège Saint-Basile et s’ouvre progressivement à des jeunes de toutes confessions.

Un défi contemporain : le renouvellement générationnel des acteurs de l’œcuménisme

Aux membres plus jeunes des Églises, il semble important de faire découvrir la diversité des Églises, l’histoire de leurs séparations et de leurs réconciliations. En formant une nouvelle génération de chrétiens convaincus du scandale que représentent la division des Églises pour l’annonce de l’Évangile aujourd’hui, Istina souhaite transmettre à de jeunes chrétiens le goût de la recherche de l’unité.

Comme celles qui l’ont précédée, la génération actuelle peut faire quelques expériences œcuméniques « de base » : c’est ainsi qu’un résident catholique se découvrira après quelques mois en connivence spirituelle plus grande avec un autre étudiant évangélique ou orthodoxe, plutôt qu’avec ses coreligionnaires.

Un chantier actuel : de jeunes chrétiens de toutes confessions sous un même toit

Chaque année la résidence Istina héberge huit jeunes en étude à Paris, ou en début de vie professionnelle, de plusieurs nationalités : anglicans, catholiques, évangéliques, orthodoxes, protestants… ils ont entre 20 et 30 ans et découvrent l’œcuménisme dans ses différentes facettes

Ni foyer, ni simple colocation, la résidence les réunit une soirée par semaine pour la prière, le dîner et un temps de formation et de débats ; parce que l’unité des chrétiens se vit, se prie et se pense. Trois dimanches communs dans l’année permettent à ces jeunes de tous horizons d’approfondir leur connaissance des autres Églises en rencontrant des chrétiens qui célèbrent autrement.

Au moment où se posent des questions existentielles (vie de couple, engagement dans un ministère ecclésial…), les résidents aiment discuter des exigences de la vie chrétienne dans le monde contemporain, en découvrant des manières multiformes de vivre et d’annoncer l’Évangile du Christ.

La résidence Istina permet donc de former des hommes de dialogue, capables de présenter leur Église de manière argumentée, sans suffisance confessionnelle, et d’apprécier les dons d’autres familles ecclésiales.

Dans les dernières décennies, le travail théologique interconfessionnel a permis de grandes avancées œcuméniques. Mais sa réception parmi les fidèles des Églises reste un défi. En 1982, Joseph Ratzinger l’exprimait ainsi : « Pour que le théologiquement possible devienne aussi l’ecclésiologiquement possible, ce théologique doit être préparé et accepté spirituellement dans l’Église »(Theologische Prinzipienlehre. Bausteine zur Fundamentaltheologie). La vie commune de jeunes chrétiens à la résidence Istina participe de cette réception.

Se mettre sous un même toit et faire route ensemble

« Entre les Églises, comme à l’intérieur de chaque Église, il y aura toujours des différences ; elles resteront une invitation à dialoguer franchement ; elles peuvent être un enrichissement. Mais, dans toutes les Églises, l’identité confessionnelle a peu à peu été mise en premier : on se définit comme protestant, catholique ou orthodoxe. Le temps n’est-il pas venu de donner la priorité à l’identité chrétienne manifestée par le baptême ? Une question en découle : les Églises ne devraient-elles pas oser se mettre sous un même toit sans attendre qu’un accord soit trouvé sur toutes les questions théologiques ? »

Frère Alois, Communauté de Taizé

 

« Pour le développement futur de l’œcuménisme, il est en particulier nécessaire de tenir compte des expériences et des attentes des jeunes et d’encourager leur participation selon leurs moyens. »

Conférence des Églises européennes & Conseil des conférences épiscopales d’Europe,

Charte œcuménique, Lignes directrices en vue d’une collaboration croissante entre les Églises en Europe, 2001, n° 3